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N’achetez pas de médicaments sur le Web !

De nombreux médicaments sont disponibles sur Internet. Or, ces produits peuvent être dangereux pour votre santé, leur commerce est illégal et vous risquez les arnaques : autant de raisons de ne pas succomber à la tentation.

Fatiguée. Elle se sentait tellement fatiguée qu’elle devait sûrement être atteinte d’un syndrome de fatigue chronique. Ayant fait son diagnostic toute seule, cette Britannique de 60 ans a cherché sur Internet un médicament pour se soigner. Parmi les nombreux produits indiqués contre la fatigue, elle choisit la prednisolone, un médicament de la famille des stéroïdes.

Pendant quatre ans, elle s’est ainsi soignée seule. Jusqu’à être admise d’urgence dans une clinique ophtalmologique pour avoir développé une cataracte bilatérale et un glaucome, des effets secondaires classiques de ce médicament. Ce cas est rapporté par ses médecins dans la revue médicale The Lancet du 12 août 2006.

Ces spécialistes en concluent qu’il faut absolument déconseiller la prise de médicaments sans suivi médical, que facilite Internet. Un rappel utile pour tous les internautes qui voient leur messagerie encombrée par les très nombreux spams et autres fenêtres publicitaires vantant l’efficacité stupéfiante de médicaments, vitamines ou autres compléments alimentaires !

Le risque de mauvais usage
Les autorités françaises n’ont pas attendu ce cas britannique extrême pour alerter les consommateurs. Dans une note datée de janvier 2006, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) énumère précisément les risques. "L’achat sur Internet d’un médicament normalement obtenu sur prescription médicale favorise le risque de mauvais usage. Ce médicament n’est pas forcément adapté, il peut être contre-indiqué ou provoquer des interactions médicamenteuses dangereuses", explique l’agence.

De plus, "ils peuvent faire l’objet de contrefaçons, renfermer des impuretés et des substances dangereuses pour la santé", poursuit l’Afssaps. Ces médicaments peuvent être insuffisamment ou au contraire trop dosés, ils peuvent contenir du verre, de la peinture, etc. L’agence met en garde contre le charlatanisme de certains marchands de produits, qui risquent de détourner les patients des traitements dont ils ont besoin.

Mais les risques ne s’arrêtent pas là pour un acheteur sur Internet. Celui-ci se met en infraction avec les douanes. En effet, il est illégal, en France, d’acheter des médicaments en dehors d’une officine. Selon la loi, tout vendeur, même à l’étranger, commet un acte d’exercice illégal de la pharmacie et risque une peine maximale de deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.

Les douanes françaises ont d’ailleurs mis en place "une cellule de veille qui traque les sites Internet illégaux", indique Julien Coudray, du service des douanes. Les agents sont habilités à surveiller les colis postaux et peuvent même "se présenter au domicile de l’acheteur déguisés en postiers, puis fouiller son domicile si un trafic est suspecté", poursuit-il.

Viagra® et Tamiflu®, les stars des achats en ligne
Pour savoir ce qui est le plus acheté, il suffit de se pencher avec les douaniers sur les colis interceptés. Dans la très grande majorité des cas, il s’agit de Viagra® ou autres substances vantées pour la libido. De nombreux colis de Tamiflu® ont été également repérés lors des périodes de crise de grippe aviaire. Cependant, les fonctionnaires ont souvent la surprise de découvrir que la substance n’est pas celle indiquée sur la boîte. Poudre sans effet ou dose infime : les faussaires de médicaments ont investi Internet, où ils peuvent facilement écouler leur marchandise.

Une autre arnaque de ces sites Internet consiste à encaisser le paiement sans jamais livrer les produits. Le Forum des droits sur Internet a ainsi reçu plusieurs réclamations concernant ce genre de pratique. "Il est difficile d’évaluer ce préjudice, car les acheteurs, conscients d’être en tort en achetant sur Internet, ne vont pas porter plainte", estime Marie-Françoise Le Tallec, la secrétaire générale du Forum et médiateur du Net.

Les patients timides n’osent pas consulter pour des problèmes intimes, pas plus que les sportifs qui cherchent des anabolisants ou autres produits dopants. Les inquiets de leur ligne espèrent trouver le produit miracle. Des malades souhaitent se soigner seuls. Tous ces acheteurs-types de produits sur Internet risquent non seulement de perdre inutilement leur argent, mais surtout de mettre leur santé en danger. De quoi mettre à la poubelle tous les courriels indésirables reçus chaque jour !

Plus de la moitié des médicaments vendus sur Internet sont des contrefaçons, signale l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans son édition du 20 novembre, Le Figaro met en garde contre ces produits, qui peuvent être dangereux pour la santé.

Médicaments antiviraux, contre les troubles érectiles, préparations amincissantes qui contiennent des coupe-faim, produits dopants : Le Figaro du 20 novembre s’arrête sur les dangers des médicaments vendus sur Internet. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de la moitié des produits commercialisés dans les pharmacies virtuelles sont des contrefaçons. Les consommer "représente un réel danger pour la santé".

Le quotidien rend compte d’une enquête inédite menée par Interpol en partenariat avec l’OMS depuis 16 novembre dernier. "Les services de police et les autorités sanitaires de 24 pays ont recensé quelque 800 sites illégaux", signale Le Figaro. "Certains ont été aussitôt fermés. Près de 1.000 paquets et 160.000 pilules ont été saisis".

125 sites français proposent de faux médicaments
En France, les gendarmes, policiers et douaniers spécialisés dans la traque sur le Net ont ciblé "une trentaine de médicaments", souligne le quotidien. Ils ont repéré "125 sites" qui proposent des produits falsifiés.

Le Figaro cite le colonel Thierry Bourret, chef de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp), qui a coordonné l’enquête : "La grande majorité de ces officines en ligne étaient enregistrées sous de fausses adresses ou étaient hébergées à l’étranger."

Pour le moment, six individus ont été interpellés et placés en garde à vue. "Chez eux, les gendarmes ont saisi des psychotropes, des anabolisants stéroïdiens, des anxiolytiques et d’autres produits de santé falsifiés", précise le quotidien.

Le Figaro rapporte également les mises en garde de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), qui alerte sur le nombre de consultations aux urgences pour poussée de tension, crise de tachycardie ou hypersudation, suite à la prise de faux médicaments. Le quotidien rappelle le décès d’une jeune femme en 2008 après la prise d’un complément alimentaire falsifié.

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